Livre : Ecole d’agriculture d’hiver de la Haute-Saône (1913-1967) – Roland GROSPERRIN
« Ecole d’agriculture d’hiver de la Haute-Saône » – Roland GROSPERRIN – 92 pages – 10 € (18 € avec frais d’envoi).
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La loi du 2 août 1918 organise en France l’enseignement agricole et précise notamment le fonctionnement des écoles d’agriculture d’hiver, devant permettre aux fils d’agriculteurs de suivre une instruction professionnelle pendant la mauvaise saison, tout en étant présents sur l’exploitation familiale pour les gros travaux des champs pendant la belle saison.
Selon un communiqué de presse publié en 1933 par le directeur des services agricoles de la Haute-Saône pour assurer la promotion de l’école d’agriculture d’hiver, « l’instruction professionnelle est une nécessité en agriculture, comme dans le commerce et l’industrie ». Pourtant, dans le monde rural d’après-guerre, les jeunes agriculteurs apprennent encore le métier dans les champs, en reproduisant les habitudes agraires des générations précédentes.
Élève assidu et appliqué, Julien Grosperrin a suivi les cours de l’école d’agriculture d’hiver de Vesoul, lors de deux sessions, au cours des années 1923-1925. Alors âgé de 18 ans, il travaille déjà depuis plusieurs années dans la ferme familiale. Comme tant d’autres jeunes paysans, il a appris le métier très tôt, auprès de sa mère et des anciens du village, alors que son père était au front pendant la Grande Guerre. Par chance, ses cahiers de cours ont été retrouvés récemment dans le grenier de la ferme familiale. Venus d’un autre temps, ils sont tenus avec le plus grand soin et montrent toute la diversité de cet enseignement dont le but était de transformer ces jeunes paysans en agriculteurs avisés et tournés vers l’avenir.
Les professeurs inculquent à leurs élèves les connaissances utiles à tout futur chef d’exploitation, comme le français pour comprendre les documents administratifs, et les mathématiques pour préparer à la tenue d’un budget. Les techniques agricoles sont abordées de façon rationnelle et scientifique et illustrées par de nombreux schémas explicatifs. Aux cours magistraux s’ajoutent des visites de fermes modèles et de nombreux travaux manuels comme la mécanique, la vannerie ou la bourrellerie.
Ces souvenirs d’école d’un autre siècle montrent toute la rigueur de cet enseignement et la grande quantité des notions acquises par ces jeunes gens, revenus sur les bancs de l’école plusieurs années après l’obtention de leur certificat d’études primaires.



